À l’animation, deux visages complémentaires : Gaëlle et Manon, dont l’engagement puise sa force dans une histoire personnelle marquée par la maladie de Parkinson. Pour Gaëlle, c’est son arrière-grand-mère qui a été touchée ; pour Manon, sa grand-mère, Jacqueline Chamoulaud, ancienne adhérente active de l’APIV il y a plus d’une dizaine d’années.
Infirmière de profession, Manon apporte également son expertise médicale, enrichissant les échanges d’un éclairage professionnel et bienveillant. Ensemble, elles accompagnent un petit groupe d’aidants, réunis dans un climat de confiance, de partage et de solidarité.
Libérer la parole, partager les émotions
La première séance, en janvier, avait marqué les esprits. Entre les murs du cercle, les mots s’étaient libérés, parfois tumultueux, toujours chargés d’émotion. Les participants avaient évoqué sans fard leur vie au quotidien, leurs doutes, leurs peurs, mais aussi leurs petits bonheurs. L’émotion était palpable, tant pour les aidants que pour les animatrices, témoins privilégiés de ces récits de vie.
Un constat fort était ressorti de ces échanges : la culpabilité, ce sentiment tenace qui ronge presque tous les aidants, quels que soient leur parcours ou leur situation. « On se sent jamais assez à la hauteur », confiait l’un d’eux. « On a toujours l’impression d’en faire trop… ou pas assez. » Ce thème, universel et douloureux, a naturellement été retenu pour la séance de ce jour.
Plus qu’un simple groupe de parole, le cercle des aidants se veut un refuge, un lieu où l’on ose dire l’indicible, où l’on se sent compris sans avoir besoin de tout expliquer. « Ici, on ne juge pas, on écoute », résume Gaëlle. Pour Manon, l’enjeu est aussi de « rappeler à chacun qu’il n’est pas seul, que son vécu mérite d’être entendu et respecté ».
Alors que la séance s’ouvrait, les participants savaient déjà qu’ils pourraient, le temps de quelques heures, déposer leur fardeau, partager leurs questionnements, et peut-être, trouver un peu de réconfort dans la force du groupe.