«  Polé, polé » : L’ascension du Kilimandjaro, une marche de courage pour la maladie de Parkinson

par | 5 Juin 2026

La marche pour les malades de Parkinson est souvent une marche à petits pas. Mais parfois, elle devient bien plus qu’un simple déplacement : elle se transforme en symbole, en défi, en cri d’espoir. C’est ce qu’a vécu Reinnaise, dont le récit nous rappelle que chaque pas, aussi modeste soit-il, peut mener au sommet des montagnes… et des cœurs.

En swahili, les Tanzaniens disent « polé, polé » — «doucement, doucement ». Une philosophie qui résume à elle seule l’ascension du Kilimandjaro : une progression lente, patiente, mais inéluctable. Pour Reinnaise, ce rêve couvait depuis des années, mêlant l’appel de l’aventure à la volonté de transcender les limites, pour elle-même et pour tous ceux qui luttent contre la maladie de Parkinson.

Un rêve devenu réalité
Le départ a sonné à la porte de Machame, à 1 790 mètres d’altitude. Sept jours de marche l’attendaient, sept jours où chaque pas serait une victoire, chaque souffle un combat. Car gravir le Kilimandjaro, c’est affronter l’altitude, le froid mordant (-15°C), le mal aigu des montagnes, une météo capricieuse, et des dénivelés vertigineux. Sans oublier le mur de Barranco, cette paroi abrupte où le vide vous frôle, où il faut « embrasser la roche » pour avancer, comme on serre contre soi ses doutes et ses peurs.

Peu importe : Reinnaise a marché, 7 heures par jour, avec en pensée les malades de Parkinson, les proches, les soignants. Elle a prié, elle a douté, elle a persévéré. Et surtout, elle a sensibilisé. Car au-delà de l’exploit sportif, son objectif était clair : mettre en lumière l’association Graine de Courage et rappeler que la maladie de Parkinson, elle aussi, se combat pas à pas.

Le sommet : 5 895 mètres de détermination
Le Pic Uhuru, « le Pic de la liberté », culmine à 5 895 mètres. Pour l’atteindre, Reinnaise a dû laisser son corps s’acclimater, étape par étape, à l’altitude. Elle est partie la cinquième nuit à 23h à la frontale pour atteindre le pic de la liberté au lever du soleil et redescendre jusqu’à 17h le lendemain.
Le mal des montagnes l’a frappée dès les premiers jours, mais elle a tenu bon. Polé, polé. Et puis, arrivée au sommet, le vent glacé, le ciel à portée de main, et cette pensée : « Je l’ai fait pour eux. Pour vous. Pour nous. »

Reinnaise a accompli cet exploit à petits pas, comme on avance dans la vie, comme on combat la maladie, comme on construit l’espoir. Son ascension est un rappel : la force ne se mesure pas à la taille des pas, mais à la persévérance qui les porte.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un malade de Parkinson marcher lentement, souvenez-vous du Kilimandjaro. Souvenez-vous que chaque pas, aussi petit soit-il, peut mener au sommet.